28 septembre 1940

Front Nord

Cette journée voit la première opération menée par le No.237 (Rhodesia) Squadron depuis son transfert au Soudan, lorsque le Hardy K4055 (Pilot Officer Peter H.S. Simmonds ; Sergeant Hall) effectue deux patrouille (08h10 et 11h30) au-dessus de la rivière Atbara. En effet, suite à la décision de confier, à la SAAF, les opérations aériennes sur le front sud, le No.237 (Rhodesia) Squadron reçoit l’ordre de déplacer ces appareils à partir du 13 septembre pour rejoindre Khartoum. Par ailleurs, tous les appareils d’origines sont renvoyés en Southern Rhodesia pour être remplacer uniquement par des Hawker Hardy. Néanmoins, ce changement est très relatif, tandis que l’activité du Squadron ne change quère[1]. 

D’après les souvenirs du Wing Commander Eric Smith (alors, Pilot Officer) :

« lorsque nous sommes arrivés à Khartoum, depuis les hauts plateaux du Kenya, nous étions plus concernés par les températures supérieur à 120 degrés (Fahrenheit ? Soit environ 48° Celsius ?) que par les Italiens. Gordon’s Tree a été notre premier terrain. Les dortoirs étaient agréable. Les bâtiments étaient construits avec de la boue séchée, tandis que les murs intérieurs étaient couverts de fumier de chameaux blanchis à la chaux. Le toit, lui, était couvert de branchage de palmiers et d’herbes. Seul le Mess avait une structure en fer, malheureusement, des chèvres errantes s’invitées régulièrement aux repas.

Peu après, nous avons été dispersés sur plusieurs terrains avancés. Le front s’étendait sur une longueur d’environ 240 km en s’articulant sur Kassala, capturé par les italiens dès les premiers combats. Selon les rumeurs, l’adversaire alignait entre 6 000 et 18 000 hommes, avec plusieurs automitrailleuses, regroupés sur des points fortifiés. Face à eux, la Gazelle force du Lieutnant Colonel Masservy avec tous justes 1 000 hommes. Leurs missions consistaient à faire croire à l’adversaire de l’existence de défenses puissantes pour prémunir toute offensive adverse. Les A et C Flight étaient chargés d’effectuer des reconnaissances armées afin de renforcer cette impression.

De son côté, notre B Flight était à la disposition du Colonel. Nous avons, rapidement, appris à effectuer des attaques au raz du sol afin d’appuyer la force mobile. Cette dernière disposait de sept automitrailleuses Rolls-Royce (datant de la première guerre mondiale), neuf camions équipés d’une mitrailleuse Vickers et de cinq Howitzers. Nos Hardy, au nombre de huit, étaient équipés de seize petites bombes anti-personnel de 20lb. La stratégie était la suivante : le B Flight attaquait en premier en larguant toutes les bombes et en effectuant plusieurs fausses passes pour maintenir la pression ; puis la colonne mobile intervenait pour encercler l’adversaire, tandis que les Howitzers commençait à les pilonner. Depuis les airs, tout cela ressemblait aux films de cowboy et d’indiens. Dans le même temps, trois camions était chargé d’apporter le ravitaillement en carburant et munition sur un terrain jugé apte pour accueillir nos avions. Une fois, le ravitaillement effectué, nous devions redécoller pour effectuer une dernière attaque, tandis que la colonne mobile profité de l’occasion pour rompre immédiatement l’affrontement, foncer à toute vitesse pour récupérer nos camions et les Howiters et rentrer dans nos lignes. 

Selon les documents italiens, ces escapades avaient une influence très mauvaise sur nos adversaires, puis le Duca d’Aosta avait donné l’ordre à la chasse italienne d’abattre à tout prix ces Hardy. »[2]

[1] « No. 237(Rodesia) Squadron : Operations Record Book (Form 540 and Form 541) ». Kew : TNA, AIR 27 / 1450. 

[2] SALT Beryl. A Pride of Eagles, The Definitive History of the Rhodesian Air Force : 1920 – 1980. Johannesburg : Covos Day, 2001, p. 70 à 71.

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