18 septembre 1940

Front Nord

Suite à des informations rapportant des concentrations de troupes près du fort frontalier de Kassala, trois Wellesley du No.47 (RAF) Squadron décollent à 03h30 pour effectuer un bombardement. Toutes les bombes tombent sur la cible, mais les équipages constatent l’absence de troupes italiennes[1]. Ils sont suivis par trois autres appareils du No.223 (RAF) Squadron qui décollent à 08h30. Là encore, les bombes touchent l’objectif (quoique plusieurs tombent sur le village). Une très forte défense anti-aérienne, plus précise que d’habitude, est signalée[2].

Dans l’après-midi, les Gladiator du No.1 (SAAF) Squadron, basées sur divers terrains aménagés du Sud Soudan, connaissent leur première action lorsque trois appareils effectuent une patrouille, entre 15h50 et 17h15, au-dessus de Kassala. Ils aperçoivent, alors, deux Fiat CR.42 et un combat aérien s’engage durant lequel, un des chasseurs italiens est vu tomber en vrille, tandis que le second est contraint à un atterrissage forcé sur le terrain de Tessenei (frontière sud-ouest de l’Erythrée). Une victoire est revendiquée par le Major Schalk van Schalkwyk, tandis que la seconde est partagée entre le Lieutnant Johan J. Coetzer et John L. Hewitson (N5852)[3]. A noter que cet évènement pose quelques problèmes. En effet, faute de War Diary pour le No.1 (SAAF) Squadron, il convient de s’en remettre à des sources secondaires ou compiler après les faits. Ainsi, dans ce cas, la documentation italienne n’indique aucun affrontement de ce type[4], même si cette dernière est aussi incomplète, tandis que dans l’histoire semi-officielle de la SAAF, James A. Brown mentionne le 1er septembre[5]. Cette différence de date est aussi présente dans un document rédigé par le Major Andrew Duncan résumant l’activité du Squadron entre août et novembre 1940, ce document de deux pages est, néanmoins, rédigé  courant 1941 et comporte plusieurs erreurs. On peut, cependant, noter que l’entrée du 18 septembre, dans le logbook, du Major John L. Hewitson décrit avec précision ce combat aérien.

Depuis Aden, la RAF est très active sur Dire Dawa puisqu’on note une attaque par quatre Blenheim du No.8 (RAF) Squadron, quatre autres du No.11 (RAF) Squadron, ainsi deux appareils du No.39 (RAF) Squadron, entre 02h15 et 06h15, avec plusieurs bombes sur la gare, les bâtiments abritant le personnel sur l’aérodrome et le hangar de Ala Littoria[6].

Front Sud

Suite à aux pertes du 12 septembre, la SAAF décide de modifier son mode opérateur en attaquant, cette fois à l’aube, grâce à la lumière de la pleine lune. Ainsi, trois Fairey Battle du No.11 (SAAF) Squadron quittent Archers Post à 17h00, pour rejoindre le terrain avancé d’Habaswein. Ils repartent, de ce dernier, à 01h30 pour attaquer, vers 05h00, l’aérodrome de Mogadiscio en piqué, puis avec plusieurs passages bas pendant vingt minutes, touchant les hangars et la piste, malgré une très forte défense anti-aérienne. A noter qu’à la différence des opérations précédentes, la reconnaissance photo ultérieure n’est pas prévue. De leurs côtés, deux Ju.86 du No.12 (SAAF) Squadron bombardent l’aérodrome de Yavello. Un Ca.133 est revendiqué endommagé[7].

Enfin, dans le même temps, une instruction est envoyée par le Lieutnant-Colonel Stephen Melville, commandant de la 1st (SAAF) Bomber Brigade. Désormais, la priorité doit être accordée à la sécurité des appareils et non aux résultats des attaques. Les équipages sont, dès lors, incités à ne plus faire preuve « d’une intense vigueur  dans le déroulement des missions (…), le retour des tous les avions doit être cherché, par tous les moyens, et constitue l’objectif premier du commandement ». Cette demande provoque rapidement des critiques au sein des unités sud-africaines, le War Diary du No.12 (SAAF) Squadron mentionnant que le fait de « ne plus pouvoir prendre le moindre risque lors des attaques cause une grande déception dans le Squadron (…), ayant en tête l’importance de la sécurité des appareils, cette instruction a fait fortement chuter le morale des équipages ». Finalement, l’instruction est retirée, à la fin octobre par l’Air Headquarters East Africa[8].


[2] « 18 september 1940 », No. 223 (RAF) Squadron: Operations Record Book (Form 540 and Form 541), Kew – TNA, AIR 27 / 1374.

[3] McLean S., Squadron of the South African Air Force and their aircraft (1920 – 2005), Cape Town, auto-édition, 2005, p.4 ; Schoeman M., Springbok Fighter Victory, SAAF Fighter operations, East Afica (1940 – 1941), Nelspruit, Freeworld Publications, coll. « African Aviation Series », 2002, p. 41 et 135.

[4] Gustavsson H. et Slongo L., Gladiator vs CR.42 Falco (1940 – 1941), Oxford, Osprey Publishing, 2012, p.57.

[5] Brown J.-A., A gathering of eagles, the campaigns of the South African Air Force in Italian East Afica (1940 – 1941), Cape Town, Purnell, coll. « South African Forces World War II », 1970, p.54.

[6] « 18 september 1940 », No. 8 (RAF) Squadron: Operations Record Book (Form 540 and Form 541), Kew – TNA, AIR 27 / 114 ; « 18 september 1940 », No. 11 (RAF) Squadron: Operations Record Book (Form 540 and Form 541), Kew – TNA, AIR 27 / 162 ; « 18 september 1940 », No. 39 (RAF) Squadron: Operations Record Book (Form 540 and Form 541), Kew – TNA, AIR 27 / 407.

[7] « 18 september 1940 », Narrative northern operations SAAF, September 1940, Kew – TNA, AIR 54 / 8 ; « 18 september 1940 ; Operation Instruction n°61 ; Operation Order n°26 », No. 11 (SAAF) Bomber Squadron, War Dirary, Kew – TNA, AIR 54 / 3 ; « 18 september 1940 ; Operation Order n°35 », No. 12 (SAAF) Bomber Squadron, War Dirary, Kew – TNA, AIR 54 / 4. 

[8] Narrative northern operations SAAF, September et October 1940, Kew – TNA, AIR 54 / 8 ; Brown J.-A., A gathering of eagles, the campaigns of the South African Air Force in Italian East Afica (1940 – 1941), Cape Town, Purnell, coll. « South African Forces World War II », 1970, p.65.

 

Laisser un commentaire