16 janvier 1941

Front nord

La journée est notamment marquée par la disparition du Bristol Blenheim Mk I L8456 du No.8 (RAF) Squadron. Celui-ci décolle d’Aden, à 16h20, pour bombarder l’aérodrome de Djidjiga où un Fiat CR.32 aurait été endommagé (quoique ce dernier pourrait avoir été détruit par le L6648 qui opère aussi au-dessus de Djidjiga entre 06h00 et 10h45). Le bombardier britannique est, cependant, lui-même victime de la chasse italienne. Gravement endommagé, l’appareil est contraint à un atterrissage forcé sur la Côte française des Somalis où l’équipage (Flying Officer Kenneth A.H. Lawrence ; Sergeant William H. Tamlin et A.B. Houston) est interné.[1]

Dans le même temps, le No.8 (RAF) Squadron récupère deux Bristol Blenheim Mk IV (L9042 et L9044) en provenance du No.203 (RAF) Squadron[2], tandis que le personnel au sol / naviguant est renforcé par l’arrivée de 89 hommes en provenance d’Angleterre[3]. Il en est de même pour le No.47 (RAF) Squadron avec quarante hommes[4], ainsi que pour le No.203 (RAF) Squadron avec 131 en renfort[5]. Enfin, six Vickers Wellesley du No.223 (RAF) Squadron, sous les ordres du Squadron Leader Jack F. Roulston, rejoignent le terrain de Gordons Tree en vue des futures opérations.

Outre deux sorties de reconnaissance sans résultats probants, le No.14 (RAF) Squadron est chargé d’expérimenter une patrouille de nuit afin de participer à la protection de Port Soudan face aux bombardiers italiens. Trois appareils décollent et s’étagent à environ 2 700 m, 3 300 m et 4 000 m. L’idée étant que, par une nuit de claire lune, les équipages sont en mesure d’observer le ciel sur une distance d’environ 150 m au-dessus et en-dessous. Cependant, la conclusion est négative, les aviateurs reconnaissant avoir été incapables d’observer quoique ce soit sauf à très courte distance malgré la présence de plusieurs Gloster Gladiator du K Flight chargé de simuler des tentatives d’interception[6].

Front sud

Sur le front sud, le général Alan G. Cunningham continue à préparer son dispositif en vue de la future offensive depuis le Kenya. La préparation doit commencer par la capture des puits de El Yibo et El Sardu sur la frontière afin de faciliter la logistique. La tâche est confiée aux Sud-Africains, en l’occurrence à la 2nd South African Infantry Brigade du Brigadier F.L.A.. Buchanan. Celui-ci dispose du 1st Natal Mounted Rifles du Lieutnant-Colonel N.D. McMillian appuyé par cinq véhicules du No.2 (S.A.) Armoured Car. En parallèle, les patriotes du 2nd Abyssinian Irregulars sont chargés de harceler les troupes italiennes sur les arrières. Enfin, les Hartbees du No.40 (SAAF) Squadron doivent assurer le support aérien.

L’ensemble du dispositif prend la direction du secteur El Yibo – El Sardu le 16 janvier, l’attaque devant commencer le lendemain. Néanmoins, les conditions climatiques compliquent sérieusement l’avance :

« Même les abyssins, ayant consommé leurs rations d’eau, tombent d’épuisement. Dans leurs machines de métal, les équipages cuisent littéralement sous une température de supérieur à 50°C. »

Les pilotes du No.40 (SAAF) Squadron font aussi état de conditions particulièrement difficiles :

« Nous connaissions cette zone désolée. Nous avons volé au-dessus pendant des semaines à la recherche de traces des Italiens. La chaleur est terrifiante, les scintillements provoqués par le sel et le sable aveuglent, des mirages fantastiques apparaissent dans toutes les directions. »[7]

En fin d’après-midi, les équipages du No.40 (SAAF) Squadron indiquent que les cinq automitrailleuses n’ont pas encore parcouru la moitié du chemin nécessaire, tandis que les troupes sont en retard sur l’horaire.

Revendications Alliés
No.8 (RAF) Squadron 1 Fiat CR 32 endommagé Bristol Blenheim Mk I L8456 ou L6648. Bombardement Djidjiga (entre 06h00 – 10h45 ou après 16h20).
Pertes alliées
No.8 (RAF) Squadron Bristol Blenheim Mk I L8456 Flying Officer Kenneth A.H. Lawrence ; Sergeant William H. Tamlin et A.B. Houston (interné à Djibouti). Endommagé par la chasse italienne au-dessus de Djidjiga ; atterrissage forcé au nord de Ras Bir (Côte française des Somalis). Après 16h20.

[1] No.8 (RAF) Squadron : Operations Record Book (Form 540 and Form 541). Kiew : TNA, AIR 27/114 ; SHORES, Christopher ; RICCI, Corrado. Dust Clouds in the Middle East – The Air War for East Africa, Iraq, Syria, Iran and Madagascar, 1940 – 1942. London : Grub Street, 2010 (Reprinted). p.96.

[2] SHORES, Christopher ; RICCI, Corrado. Dust Clouds in the Middle East – The Air War for East Africa, Iraq, Syria, Iran and Madagascar, 1940 – 1942. London : Grub Street, 2010 (Reprinted). p.96.

[3] No.8 (RAF) Squadron : Operations Record Book (Form 540 and Form 541). Kiew : TNA, AIR 27/114.

[4] No.47 (RAF) Squadron : Operations Record Book (Form 540 and Form 541). Kiew : TNA, AIR 27 / 463.

[5] No.203 (RAF) Squadron : Operations Record Book (Form 540 and Form 541). Kiew : TNA, AIR 27/1198.

[6] No.14 (RAF) Squadron : Operations Record Book (Form 540 and Form 541). Kew : TNA, AIR 27/192 ; K Flight : Operations Record Book (Form 540 and Form 541). Kew : TNA, AIR 29 / 858.

[7] J.-A. BROWN, The War of a Hundred Days, Springboks in Somalia and Abyssinia (1940 – 1941), Johannesburg, Ashanti Publishing, 1990, p.108 – 109 ; KATZ, David Brock. South Africans versus Rommel : The Untold Story of the Desert War in World War II. Stackpole Books, 2017.

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