11 juin 1940

Cette première journée commence relativement tôt pour la RAF avec une série de reconnaissance sur le nord de l’Éthiopie et l’Érythrée afin de préparer l’arrivée des bombardiers. En ces premiers jours de combats, l’objectif des Britanniques est simple : rendre les aérodromes côtiers hors service afin d’éloigner tout risque d’attaque le long de la voie maritime hautement stratégique.

Le premier raid a lieu, dès 05h30, lorsque huit Wellesley du 47 Squadron RAF décollent de Erkowit (Soudan) afin de mener une reconnaissance armée sur l’aérodrome Italien d’Asmara (Érythrée) en formant trois Flights. Les attaques sont menées à basse altitude et prennent complètement par surprise la défense italienne. Cependant, la RAF va subir, par la même occasion, sa première perte, puisque l’appareil le K7730 (Plt Off B.K.C. Fuge ; Sgt Samuel A. Elsy) touché par la DCA est contraint de se poser en urgence, son équipage étant fait prisonnier. À noter que, selon certaines sources, ils auraient été abattus par le Ten Carlo Canella (412a Squadriglia CT), volant sur Fiat CR 42, au-dessus de Keren1. Le reste de la formation se pose à 10 h 45. Les photographies aériennes subséquentes confirment néanmoins des dégâts importants sur la base d’Asmara.

Enfin, le 14 Squadron RAF termine la journée en envoyant neuf bombardiers, sous le conduit du Sqn Ldr, sur l’aérodrome voisin de Massaua à 16 h. La première vague arrive sur l’objectif à 18 h 30 où les pilotes revendiquent plusieurs coups au but, selon le Sgt Leslie A.J. Patey (L2645 ; LAC Greaves) :

« il n’y a pas eu de difficultés pour trouver la zone, les conditions lumineuses étant suffisantes pour voir la cible. L’attaque a été menée à si basse altitude que je pouvais apercevoir le personnel italien autour des hangars. Notre arrivée a dû les prendre totalement par surprise (…), nos premières bombes étaient sur la cible puisque nous avons vu un début d’incendie lors du virage précédant le second passage. Mais, lors de celui-ci, l’horizon devient beaucoup plus sombre et l’enfer se déchaina : les tracers et les explosions des obus de l’artillerie navale zébraient le ciel. L’idée de devoir traverser ce barrage, pour larguer les dernières bombes, était particulièrement effrayante (…) ».

Les appareils suivants sont, alors, fermement attendus par la défense antiaérienne, ainsi, le Sgt Arthur F. Wimsett (L2652 ; LAC Hughes et LAC Turgoose), se rappelle

« voyant la flak et les projecteurs fouillant un ciel tout noir. En arrivant sur la cible, l’artillerie antiaérienne semblait tirer à une altitude supérieure à nos appareils, mais de nombreux tracers d’armes légères nous encadraient. Nous pouvions voir les hangars qui étaient illuminés par plusieurs incendies sur l’aérodrome. Je crois avoir largué mes bombes sur un hangar au nord, avant de tourner vers le sud tandis que mes mitrailleurs tiraient sur tout ce qu’ils apercevaient au sol. Nous sommes rentrés en suivant la côte dans le noir sans rencontrer d’appareil jusqu’à la frontière avec le Soudan (…) ».

Les appareils se posent, finalement à Port Soudan où le Wellesley du Fg Off Reginald P.B.H. Plunkett (L2710 ; Cpl Nicholas Allfree et Cpl Hughes) est signalé manquant. Il sera, cependant, de retour dès le lendemain expliquant que s’étant perdu dans la nuit, il avait préféré se poser sur le littoral. Trois autres ont été endommagés par la défense antiaérienne adverse.

L’activité de la Regia Aeronautica est beaucoup plus réduite et se limite à quelques reconnaissances armées au-dessus de Port Sudan et d’Aden, par des S 81 appartenant aux 28 bis Gruppo BT et 29 bis Gruppo BT. Dans tous les cas, l’un des appareils de la 10a Squadriglia (MM 20275) est signalé comme ayant percuté une colline, près de Massaua en rentrant à Zula, causant la mort de tout l’équipage.

Sur le front sud, c’est la SAAF qui ouvre les hostilités puisque quatre Ju 86 du 12 Squadron SAAF (C Flight), avec pour leader le Maj Danie du Toit, décollent d’Eastleigh à 8 h. Après deux heures de vol, ils atterrissent sur le terrain avancé de Bura (le long de la frontière avec la Somalie Italienne) :

« une piste poussiéreuse en plein bush, sans la moindre infrastructure, les équipages devant aider à ravitailler les appareils à la main ».

Ils redécollent à 10 h, équipés de bombes de 250 lb, avec pour instruction de bombarder la forteresse de Moyale (un poste de frontière entre l’Abyssinie et le Kenya) où plusieurs colonnes de véhicules (dont des automitrailleuses) sont signalées. Selon, le Maj Danie du Toit (n°641)

 « nous avons attaqué si bas (250 mètres, selon le rapport de mission du fait d’une couverture nuageuse basse), qu’au moins un de nos appareils fut touché par les fragments de nos bombes. Nous les avons pris par surprise, d’où l’absence totale de réaction, et pensons avoir touché une concentration de véhicules et de blindés légers. Après l’attaque, nous sommes rentrés sur l’aérodrome de Wajir, où nous fument accueillis par les gars du 237 Squadron (Rhodesia) RAF, qui étaient alors, en alerte avec leurs vieux Hardy ».

Il est intéressant de noter que cette attaque a eu lieu six heures avant la déclaration officielle de guerre de l’Union of South Africa contre l’Italie…

De son côté, le 237 Squadron (Rhodesia) RAF commence une longue série de missions monotones consistant à patrouiller le long de la frontière avec ses vieux biplans.

Pertes Commonwealth

47 Squadron RAF

Wellesley K7730

Plt Off B.K.C. Fuge ; Sgt Samuel A. Elsy (POW)

Abattu par la DCA ou CR 42, Asmara ou Keren.

Pertes Italie

28 bis Gruppo BT

10a Squadriglia

S 81 (MM 20275)

S Ten Giovanni Dotta ; Serg Magg Ugo Restelli ; Serg Oberdan Rinaldi ; 1° Av Ventura Caravello ; Av Bruno Cusini (Tués)

Percute une colline, Massaua.

Revendications Italie

412a Squadriglia CT

1 Wellesley

Ten. Carlo Canella (CR 42)

Keren.

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